Conservation des notes de séance et des enregistrements audio : Une politique pratique pour les cabinets de thérapeutes (Suisse/UE, 2026)
Un modèle de politique de conservation prêt à l'emploi pour les cabinets et petites cliniques en Suisse et dans l'UE. Couvre les enregistrements audio, les transcriptions, les notes de séance, les PDF patients, le contrôle d'accès, les routines de suppression et la visibilité par rôle.
Écrit par
Équipe Clinique Dya
Experts en Documentation Clinique
Vous avez commencé à utiliser un scribe IA. Les transcriptions s'accumulent aux côtés des notes de séance, des fichiers audio, des PDF exportés et des formulaires de consentement. Six mois plus tard, personne dans votre cabinet ne peut répondre à une question fondamentale : combien de temps conservons-nous chacun de ces éléments, et qui a le droit de les consulter ?
Si vous exercez dans un petit cabinet — de deux à quinze praticiens — en Suisse ou dans l'UE, la réponse ne tient pas en un seul chiffre. C'est une matrice. Les enregistrements audio obéissent à des règles différentes de celles des notes cliniques. Les transcriptions occupent une zone grise. Les journaux d'accès ont leur propre calendrier. Et les conséquences d'une erreur sont personnelles : en droit suisse, les amendes pouvant atteindre CHF 250 000 sont infligées à la personne responsable, et non à l'entité du cabinet.
Cet article vous fournit une politique de conservation pratique, à copier et adapter. Il comprend un tableau de conservation complet, des contrôles d'accès par rôle, des routines de suppression et le fondement juridique de chaque décision.
Pourquoi les cabinets de thérapeutes ont besoin d'une politique de conservation écrite
Les grands hôpitaux disposent de services de conformité, de conseillers juridiques et de délégués à la protection des données dédiés. Les petits cabinets ont un responsable administratif qui gère aussi la facturation et un thérapeute qui a configuré le stockage cloud. Les obligations réglementaires, cependant, sont identiques.
La Loi fédérale sur la protection des données (nLPD) et le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l'UE exigent tous deux que vous :
- Définissiez des durées de conservation pour chaque catégorie de données personnelles que vous traitez
- Documentiez le fondement juridique justifiant la conservation des données au-delà de la finalité thérapeutique immédiate
- Supprimiez ou anonymisiez les données une fois la durée de conservation expirée
- Restreigniez l'accès aux données personnelles selon le principe du besoin d'en connaître
- Teniez un registre des activités de traitement (RAT) — incluant les durées de conservation — et le mettiez à disposition sur demande
Pour les cabinets utilisant des outils de transcription par IA, les enjeux sont plus élevés. Les enregistrements audio de séances thérapeutiques sont classés comme données personnelles sensibles tant au regard de la nLPD (article 5(c)) que du RGPD (article 9). Les données vocales peuvent en outre être qualifiées de données biométriques. Traiter ces données sans politique claire n'est pas simplement négligent — c'est une violation de conformité en attente d'être découverte.
Une politique écrite vous protège. Elle démontre aux patients, aux autorités et aux assureurs que vous avez réfléchi au cycle de vie de chaque type de données dans votre cabinet. Et sa rédaction prend moins de temps que vous ne le pensez.
Le cadre juridique : Suisse vs. UE
Avant de construire le tableau de conservation, il faut comprendre les règles qui déterminent chaque durée.
Suisse (nLPD + lois cantonales sur la santé)
La nLPD ne prescrit pas une durée de conservation unique pour les dossiers médicaux. Le calendrier est façonné par plusieurs obligations qui se chevauchent :
- Code des obligations suisse (CO), articles 60 et 128a. Depuis janvier 2020, le délai de prescription pour les actions en responsabilité pour lésions corporelles — y compris la responsabilité médicale — est de 20 ans à compter de l'acte ou de l'omission ayant causé le dommage. C'est le principal facteur déterminant la conservation des dossiers médicaux en Suisse.
- Code de déontologie de la FMH, article 12. L'Association médicale suisse exige de ses membres qu'ils conservent des dossiers adéquats pendant au moins 20 ans après la dernière inscription.
- Lois cantonales sur la santé. Chaque canton réglemente les obligations de documentation des professionnels de santé. La plupart ont mis à jour ou sont en train de mettre à jour leurs exigences de conservation pour les aligner sur le délai de prescription de 20 ans, bien que certains fassent encore référence à l'ancien standard de 10 ans. Vérifiez la loi sur la santé en vigueur dans votre canton.
- Ordonnance sur le dossier électronique du patient (ODEP), article 10. Les données médicales figurant dans les dossiers électroniques du patient doivent être détruites après 20 ans. Les journaux d'accès doivent rester accessibles pendant 10 ans et ne peuvent pas être supprimés durant cette période.
- nLPD, article 6 (proportionnalité et limitation de la finalité). Les données doivent être supprimées ou anonymisées une fois la finalité du traitement atteinte — mais les obligations légales de conservation décrites ci-dessus constituent une finalité valable pour la poursuite du stockage.
La règle pratique pour la Suisse : prévoyez une conservation de 20 ans pour les dossiers cliniques, et construisez tout le reste autour de ce point d'ancrage.
UE (RGPD + législations nationales)
Le RGPD suit le même principe que la nLPD : ne conserver les données que le temps nécessaire, tout en respectant les obligations de conservation sectorielles. La différence principale réside dans la variation des durées selon les États membres :
| Pays | Durée de conservation type des dossiers médicaux | Fondement juridique |
|---|---|---|
| Allemagne | 10 ans après le traitement | § 10(3) MBO-Ä, § 630f(3) BGB |
| France | 20 ans à compter du dernier acte thérapeutique | Art. R. 1112-7 CSP |
| Pays-Bas | 20 ans à compter de la dernière consultation | Art. 7:454(3) BW |
| Autriche | 10 ans (30 ans pour les dossiers de radiologie) | § 10(1) ÄrzteG, § 39 StrSchG |
| Italie | Indéfinie (public), 10 ans (privé) | Divers décrets ministériels |
| Belgique | 30 ans | Art. 46 KVG/Loi AMI |
La règle pratique pour les cabinets dans l'UE : vérifiez la loi sur les dossiers médicaux de votre État membre, utilisez-la comme point d'ancrage, et appliquez le principe de minimisation des données du RGPD à tout le reste.
Le tableau de conservation : Quoi conserver, combien de temps, et pourquoi
Voici un calendrier de conservation prêt à l'emploi couvrant les types de données que les cabinets de thérapeutes utilisant des outils de documentation par IA traitent habituellement. Adaptez les durées spécifiques à votre juridiction.
| Type de données | Description | Durée de conservation (CH) | Durée de conservation (UE) | Fondement juridique | Action à l'expiration |
|---|---|---|---|---|---|
| Enregistrement audio brut | Audio capté durant la séance par le scribe IA | Supprimer dans les 48 heures suivant la validation de la transcription | Supprimer dans les 48 heures suivant la validation de la transcription | Minimisation des données (nLPD art. 6 / RGPD art. 5(1)(e)) | Suppression définitive de tous les systèmes, y compris les sauvegardes |
| Transcription générée par l'IA | Texte verbatim ou quasi verbatim produit par l'outil IA | Supprimer dans les 7 jours si non intégrée au dossier clinique ; 20 ans si elle fait partie du dossier patient | Supprimer dans les 7 jours si non intégrée au dossier clinique ; selon la législation nationale si elle fait partie du dossier patient | Minimisation des données ; lois cantonales sur la santé / législation nationale | Suppression définitive ou anonymisation |
| Notes de séance structurées | Notes cliniques validées par le thérapeute (SOAP, DAP, etc.) | 20 ans à compter de la dernière inscription | Selon la législation nationale (10 à 30 ans) | FMH art. 12 ; CO art. 128a / législation nationale sur les dossiers médicaux | Suppression définitive ou anonymisation |
| PDF récapitulatifs patient | Rapports exportés, courriers d'adressage, comptes-rendus de fin de suivi | 20 ans à compter de la création | Selon la législation nationale | Fait partie du dossier clinique | Suppression définitive |
| Formulaires de consentement | Consentement à la transcription par IA, consentement au traitement thérapeutique | Durée du suivi + 20 ans | Durée du suivi + délai de prescription selon l'État membre | Nécessité probatoire ; nLPD art. 6 / RGPD art. 7(1) | Suppression définitive |
| Journaux d'accès/audit | Registre des accès : qui a consulté quoi et quand | 10 ans (non supprimables) | Selon la législation nationale ; minimum recommandé de 10 ans | ODEP art. 10 / RGPD art. 5(2) principe de responsabilité | Suppression définitive |
| Métadonnées de séance | Date, heure, durée, identifiant du praticien | 20 ans (fait partie du dossier patient) | Selon la législation nationale | Fait partie du dossier clinique | Suppression définitive |
| Coordonnées du patient | Nom, adresse, téléphone, e-mail | 20 ans à compter de la dernière inscription clinique, ou jusqu'à la demande de suppression du patient (selon la durée la plus longue, compte tenu des obligations légales) | Selon la législation nationale | Fait partie du dossier clinique + correspondance | Suppression définitive |
| Documents de facturation/assurance | Factures, correspondance avec les assurances | 10 ans à compter de la création | 10 ans (courant dans l'UE) | CO art. 958f (documents commerciaux) / droit fiscal et commercial local | Suppression définitive |
Principes clés derrière ce tableau
L'audio est l'élément le plus sensible. Les enregistrements bruts captent tout — commentaires annexes, conversations avec les proches, bruits ambiants. Il existe rarement un fondement juridique pour conserver l'audio une fois la transcription validée. Le principe de minimisation des données, tant au regard de la nLPD que du RGPD, exige une suppression rapide. Un délai de 48 heures laisse au thérapeute le temps de relire et d'approuver la transcription avant la destruction du matériel source.
Les transcriptions ne sont des dossiers cliniques que si vous en décidez ainsi. Une transcription générée par l'IA qui reste dans le tableau de bord de l'outil sans jamais intégrer le dossier patient ne fait pas partie du dossier clinique. Elle doit être traitée comme une donnée de traitement temporaire et supprimée sous quelques jours. Une transcription que le thérapeute relit, corrige et intègre au dossier patient devient un dossier clinique et hérite de la durée de conservation complète.
Les formulaires de consentement survivent aux données qu'ils autorisent. Vous pourriez avoir besoin de prouver que le consentement a été obtenu bien après la suppression des données associées. Conservez les formulaires de consentement pendant toute la durée du délai de prescription.
Contrôle d'accès : Qui peut voir quoi
Une politique de conservation est vide de sens sans contrôles d'accès. Si tout le monde dans votre cabinet peut accéder à tout, les durées de conservation ne protègent pas la vie privée des patients — elles définissent simplement pendant combien de temps cette vie privée est compromise.
Matrice de contrôle d'accès par rôle (RBAC)
La matrice suivante définit les niveaux d'accès minimaux pour un cabinet de thérapeutes. Adaptez les rôles à la structure de votre équipe.
| Type de données | Thérapeute traitant | Thérapeute superviseur | Responsable administratif | Personnel de facturation | Support informatique / fournisseur |
|---|---|---|---|---|---|
| Audio brut | Accès complet (ses patients) | Aucun accès | Aucun accès | Aucun accès | Aucun accès |
| Transcription IA (pré-validation) | Accès complet (ses patients) | Aucun accès | Aucun accès | Aucun accès | Aucun accès |
| Notes de séance validées | Accès complet (ses patients) | Lecture seule (patients supervisés) | Aucun accès | Aucun accès | Aucun accès |
| PDF récapitulatifs patient | Accès complet (ses patients) | Lecture seule (patients supervisés) | Lecture seule (pour planification/adressage) | Aucun accès | Aucun accès |
| Formulaires de consentement | Lecture (ses patients) | Aucun accès | Lecture/écriture (tous les patients — gère l'accueil) | Aucun accès | Aucun accès |
| Journaux d'accès/audit | Aucun accès | Aucun accès | Lecture seule | Aucun accès | Lecture seule (pour audits techniques) |
| Métadonnées de séance | Lecture (ses patients) | Lecture (patients supervisés) | Lecture (tous — pour la planification) | Aucun accès | Aucun accès |
| Documents de facturation | Aucun accès | Aucun accès | Accès complet | Accès complet | Aucun accès |
| Coordonnées du patient | Lecture (ses patients) | Lecture (patients supervisés) | Accès complet | Lecture (pour la facturation) | Aucun accès |
Règles de mise en œuvre
-
Comptes individuels uniquement. Les identifiants partagés détruisent la traçabilité. Chaque personne accédant aux données patient doit disposer de ses propres identifiants. C'est non négociable tant au regard de la nLPD que du RGPD.
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Authentification multifacteur (MFA). Obligatoire pour tout système stockant des données de santé. Le MFA par SMS est mieux que rien ; les applications d'authentification ou les clés matérielles sont préférables.
-
Déconnexion automatique après inactivité. Les systèmes doivent se verrouiller après 10 à 15 minutes d'inactivité. L'ordinateur portable d'un thérapeute non verrouillé dans une salle de consultation vide constitue une défaillance du contrôle d'accès.
-
Politique sur les appareils. Définissez quels appareils peuvent accéder aux données cliniques. Les téléphones personnels sans chiffrement, verrouillage d'écran ou capacité d'effacement à distance ne devraient pas avoir accès aux dossiers des patients.
-
Accès des fournisseurs. Si votre fournisseur de transcription IA peut accéder aux données patient pour le support ou le débogage, cela doit être documenté dans votre Accord de sous-traitance des données (DPA), limité à des circonstances spécifiques, et journalisé.
-
Revue trimestrielle des accès. Tous les trois mois, passez en revue qui a accès à quoi. Supprimez les comptes du personnel ayant quitté le cabinet immédiatement — pas « quand quelqu'un y pense ». C'est un constat d'audit fréquent.
-
Tout journaliser. En vertu de l'Ordonnance sur le dossier électronique du patient, les journaux d'accès doivent être conservés pendant 10 ans et ne peuvent pas être supprimés. Même si vous n'êtes pas directement soumis à l'ODEP, la tenue de journaux d'accès est une bonne pratique au sens du RGPD et constitue votre meilleure preuve en cas d'enquête sur une violation de données.
Routines de suppression : Comment appliquer concrètement la politique
Une politique qui stipule « supprimer après 48 heures » ne signifie rien si personne ne vérifie. Les cabinets de thérapeutes ont besoin de routines de suppression automatisées ou semi-automatisées.
Suppression des enregistrements audio
- Déclencheur : Le thérapeute marque la transcription comme « validée » dans l'outil de documentation
- Délai : Audio supprimé dans les 48 heures suivant la validation
- Méthode : Suppression automatisée par l'outil IA (vérifiez auprès de votre fournisseur que c'est le comportement par défaut et que l'audio est supprimé de toutes les couches de stockage, y compris les sauvegardes et les caches)
- Vérification : Contrôle ponctuel mensuel — prenez un échantillon de 5 séances récentes et confirmez qu'aucun fichier audio ne subsiste après le délai de 48 heures
- Solution de repli : Si la suppression automatisée échoue ou n'est pas disponible, assignez une tâche de suppression manuelle hebdomadaire au responsable administratif
Nettoyage des transcriptions
- Pour les transcriptions intégrées au dossier patient : Aucune suppression nécessaire jusqu'à l'expiration de la durée de conservation complète du dossier clinique
- Pour les transcriptions NON intégrées : Supprimer dans les 7 jours suivant la date de la séance
- Méthode : Revue hebdomadaire du tableau de bord de l'outil IA pour repérer les transcriptions orphelines — toute transcription de plus de 7 jours qui n'a pas été rattachée à un dossier patient est supprimée
- Responsabilité : Le thérapeute traitant (pour ses propres transcriptions) ou le responsable administratif (pour la supervision)
Suppression en fin de période de conservation
- Déclencheur : La dernière inscription clinique du patient atteint le seuil de durée de conservation (20 ans en Suisse, selon la législation nationale dans l'UE)
- Périmètre : Toutes les données du tableau de conservation — notes, PDF, métadonnées, formulaires de consentement, coordonnées
- Méthode : Revue annuelle des dossiers patient approchant de l'échéance de conservation. Signaler les dossiers 6 mois avant l'expiration. Confirmer l'absence de suivi en cours ou de procédure judiciaire avant la suppression.
- Exception : Si le patient a une réclamation en cours, un litige pendant ou un suivi thérapeutique actif, prolonger la conservation jusqu'à la résolution du dossier plus le délai de prescription applicable
- Documentation : Journaliser chaque action de suppression — ce qui a été supprimé, quand, par qui et en vertu de quelle autorité. Conserver le journal de suppression pendant 10 ans.
La complication du « droit à l'effacement »
Tant au regard de la nLPD que du RGPD, les patients peuvent demander la suppression de leurs données. En contexte thérapeutique, ce droit n'est pas absolu :
- Vous ne pouvez pas supprimer des données que vous êtes légalement tenu de conserver (ex. : dossiers cliniques pendant la durée légale de conservation)
- Vous pouvez supprimer des données qui excèdent les exigences légales de conservation — par exemple, les enregistrements audio bruts, les communications marketing ou les coordonnées non nécessaires au suivi thérapeutique
- Vous devez répondre aux demandes d'effacement dans un délai de 30 jours et expliquer quelles données ont été supprimées, lesquelles ont été conservées et pourquoi
Rédigez un modèle de réponse standard pour les demandes d'effacement afin que votre équipe n'improvise pas sous pression.
Synthèse : Un modèle de politique
Voici un modèle de politique condensé que vous pouvez adapter à votre cabinet. Remplacez les éléments entre crochets par vos informations spécifiques.
[Nom du cabinet] — Politique de conservation des données et de contrôle d'accès
Date d'entrée en vigueur : [Date] Dernière révision : [Date] Personne responsable : [Nom, fonction]
1. Périmètre. Cette politique couvre l'ensemble des données personnelles traitées dans le cadre de la prise en charge thérapeutique au [Nom du cabinet], y compris les enregistrements audio, les transcriptions, les notes cliniques, les rapports patients, les formulaires de consentement, les journaux d'accès et les documents de facturation.
2. Fondement juridique. Cette politique met en œuvre les exigences de la Loi fédérale sur la protection des données (nLPD) / du Règlement général sur la protection des données (RGPD), de [la loi cantonale sur la santé / la législation nationale sur les dossiers médicaux], du Code des obligations suisse et du Code de déontologie de la FMH.
3. Calendrier de conservation. [Insérez votre version adaptée du tableau de conservation ci-dessus.]
4. Contrôle d'accès. L'accès aux données patient est régi par la matrice de contrôle d'accès par rôle figurant en Annexe A. Tout accès nécessite des identifiants individuels et une authentification multifacteur.
5. Routines de suppression.
- Enregistrements audio : supprimés dans les 48 heures suivant la validation de la transcription
- Transcriptions non intégrées : supprimées dans les 7 jours
- Dossiers cliniques : supprimés [20 ans / selon la législation applicable] après la dernière inscription
- Documents de facturation : supprimés 10 ans après leur création
- Les actions de suppression sont journalisées et conservées pendant 10 ans
6. Droits des patients. Les patients peuvent demander l'accès, la rectification ou la suppression de leurs données. Les demandes sont traitées dans un délai de 30 jours. Les données soumises à des obligations légales de conservation seront maintenues, avec une explication fournie au patient.
7. Révision. Cette politique est révisée annuellement et mise à jour lorsque la réglementation, les outils ou les processus de travail changent.
Ce document n'a pas besoin de faire 40 pages. Une politique claire et honnête de deux à trois pages, que votre équipe lit et applique réellement, vaut plus qu'un document exhaustif qui reste au fond d'un tiroir.
Erreurs courantes des cabinets de thérapeutes
Conserver l'audio « au cas où »
L'instinct de garder les enregistrements comme filet de sécurité est compréhensible. Mais au regard du principe de minimisation des données, « au cas où » n'est pas un fondement juridique valable. Si la transcription a été relue et validée, l'audio a rempli sa fonction. Supprimez-le.
Traiter toutes les données de la même manière
Un formulaire de consentement et une facture n'ont pas les mêmes exigences de conservation. Un enregistrement audio brut et une note clinique structurée sont des types de données différents avec des niveaux de sensibilité différents. Une conservation uniforme (« on garde tout pendant 10 ans ») conduit soit à une surconservation de données sensibles, soit à une sous-conservation de documents légalement requis.
Aucune routine de suppression
Avoir une politique qui stipule « supprimer après X années » mais aucun processus pour le faire concrètement revient à accumuler des données indéfiniment. Programmez une revue de suppression trimestrielle. Assignez-la à une personne précise.
Identifiants partagés
Si trois thérapeutes partagent un même identifiant pour votre outil de documentation, vous ne pouvez pas produire un journal d'audit montrant qui a accédé aux données de quel patient. C'est une défaillance de conformité que les autorités recherchent spécifiquement — et un hôpital portugais a été sanctionné de 400 000 EUR pour ce type exact de défaut de contrôle d'accès.
Ignorer la conservation chez le fournisseur d'IA
Votre politique couvre vos systèmes, mais que fait le fournisseur d'IA avec les données de son côté ? Confirmez par écrit que le fournisseur supprime les données audio et de transcription conformément à votre politique. Cela doit figurer dans votre Accord de sous-traitance des données. Si le fournisseur conserve des données pour l'entraînement de ses modèles, vous avez un problème.
Questions fréquentes
Ai-je besoin d'une Analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD) ?
Si vous traitez des données de santé sensibles avec des outils d'IA — oui. Tant la nLPD (article 22) que le RGPD (article 35) exigent une AIPD lorsque le traitement est susceptible d'entraîner un risque élevé pour les personnes concernées. La transcription par IA de séances thérapeutiques impliquant des données de santé sensibles atteint ce seuil. Consultez notre checklist de conformité nLPD pour un guide détaillé étape par étape.
Que faire si mon canton fait encore référence à une durée de conservation de 10 ans ?
Certains cantons n'ont pas mis à jour leurs lois sur la santé pour refléter le délai de prescription de 20 ans prévu par le Code des obligations révisé. L'approche la plus sûre est de suivre la durée la plus longue. La FMH recommande 20 ans, et en cas de plainte pour faute professionnelle, vous voudriez disposer des dossiers pendant toute la durée du délai de prescription. Consultez un spécialiste local du droit de la santé si les règles de votre canton sont contradictoires.
Cette politique s'applique-t-elle aussi aux dossiers papier ?
Oui. Les principes de protection des données sont technologiquement neutres. Les dossiers papier contenant des données patient sont soumis aux mêmes durées de conservation, restrictions d'accès et exigences de suppression. La différence pratique réside dans le fait que le papier nécessite une sécurité physique (armoires fermées à clé, accès restreint aux locaux) plutôt que des contrôles numériques.
Les patients peuvent-ils demander leurs enregistrements audio avant la suppression ?
Au regard de la nLPD comme du RGPD, les patients ont un droit d'accès à leurs données personnelles. Si un patient demande son enregistrement audio avant sa suppression, vous devez le lui fournir. C'est une raison supplémentaire de définir un délai de conservation clair (et court) pour l'audio — une fois supprimé, l'obligation de fournir l'accès prend fin.
Qu'en est-il des cabinets transfrontaliers (ex. : un cabinet suisse avec des patients de l'UE) ?
Si vous suivez des patients résidant dans des États membres de l'UE, vous pourriez devoir vous conformer à la fois à la nLPD et au RGPD. En pratique, les deux cadres sont largement compatibles, mais le RGPD peut imposer des exigences supplémentaires (ex. : désigner un représentant dans l'UE au titre de l'article 27 du RGPD si vous n'avez pas d'établissement dans l'UE mais traitez régulièrement des données de résidents européens). Les durées de conservation de cet article tiennent compte des deux cadres.
Où cette politique s'inscrit dans votre dispositif de conformité
Une politique de conservation n'existe pas isolément. Elle se connecte à :
- Votre checklist de conformité nLPD/RGPD — la conservation est une composante de la conformité globale en matière de protection des données
- Votre processus de consentement — les patients doivent être informés des durées de conservation avant ou au moment de la collecte des données, dans le cadre de votre processus de consentement
- Votre due diligence fournisseur — le traitement des données par l'outil IA doit être aligné sur votre politique de conservation
- Votre AIPD — les durées de conservation et les routines de suppression sont des mesures clés d'atténuation des risques
- Votre cadre de gouvernance des modèles de notes — si votre cabinet standardise les modèles de notes entre praticiens, la politique de conservation s'applique uniformément à toutes les notes produites
- La conformité à l'AI Act européen — si vos outils IA relèvent de la classification à haut risque, la gouvernance des données fait partie des exigences obligatoires
Considérez la politique de conservation comme la couche de gestion du cycle de vie des données qui sous-tend tout le reste. Chaque autre document de conformité y fait référence.
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Sources
- PFPDT : Consultation, conservation et suppression des données de patients
- 360core : Durées légales de conservation des dossiers médicaux en Suisse
- ICLG : Lois et réglementations sur la protection des données — Suisse 2025–2026
- MME : Conservation des documents et couverture d'assurance au regard de la révision des délais de prescription
- BePaid : Conservation des documents — Vos obligations pendant 10 ans
- GDPR Register : Naviguer dans le RGPD en santé
- Kiteworks : Protéger la vie privée des patients — Guide complet de conformité RGPD en santé
- Secureprivacy : La nouvelle nLPD suisse — Principaux changements et recommandations de conformité
- DLA Piper : Lois sur la protection des données en Suisse
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